Le clip : Histoire et esthétique

Le clip : Histoire et esthétique

Laurent Jullier, Julien Péquignot

Language: French

Pages: 186

ISBN: 2:00366538

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Aujourd’hui un clip peut être partagé sur Facebook ou sur YouTube, passer sur MTV au fond d’un bar, ou bien sortir en DVD signé d’un réalisateur reconnu.

On peut aussi le retrouver dans le programme d’un festival de cinéma, dans un spectacle vivant mêlant sons et lumières, ou encore dans les salles d’un musée d’art contemporain. Au cœur d’enjeux financiers colossaux, le clip conserve pourtant cette aura de gratuité, aux deux sens du terme, qui a contribué à son succès et qui fait sa légèreté. Ainsi s’inspire-t-il de quantité de formes d’art et les influence-t-il en retour.

Quel autre objet réalise cet exploit d’occuper tout à tour tant de fonctions, d’usages et de statuts sociaux ? Des Beatles à Gangnam Style, de Thriller à Lady Gaga en passant par Michel Gondry et le Top 50, l’ouvrage propose les clés historiques, esthétiques et thématiques du phénomène clip.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

des Who (Happy Jack, 1966), des Rolling Stones (2000 Light Years From Home, 1967 ; Child of the Moon, 1968), mais aussi de groupes d’origine plus lointaine comme les Australiens The Master Apprentices et The Loved Ones ou au contraire américains comme les Beach Boys (I Get Around, 1965), Bob Dylan (Subterranean Homesick Blues, voir p. 119), ou les Doors (Break on Through, 1968). Bien sûr, tout le monde n’a pas l’ambition des Beatles. Il faut faire vite pour rester sur la vague, et c’est

penser au MTV des concerts de charité ou encore à l’imagerie bonbon rose du Michael Jackson de We Are the World ou de Earth Song. Le détournement à des fins commerciales, conjugué à la commercialisation à outrance de musiques censées symboliser la rébellion jeune, entraîne de fait une standardisation, un nivellement et un affadissement. Le phénomène de recyclage n’est certes pas nouveau : les Beatles, à leurs débuts, apparaissaient comme une version soft des premiers rockers, eux-mêmes reprenant

miroirs déformants, charge au fan de se construire la Mylène Farmer la plus cohérente avec la personne empirique dont l’artiste dévoilerait les aspects clip après clip. Copier le cinéma n’était qu’un des deux moyens empruntés par le clip pour gagner en légitimité artistique, l’autre consistant à parier sur la spécificité de la vidéo et de l’informatique naissante. Si Road to Nowhere des Talking Heads avait initié le mouvement, l’aura de Peter Gabriel (et de Genesis) l’amena au grand jour quand

les monteurs n’en abusent pas, de crainte d’ennuyer l’œil par excès de prévisibilité. La tentation est grande, pourtant, puisque le montage virtuel rend désormais cette pratique enfantine. Les logiciels dédiés présentent en effet sur l’écran de l’ordinateur trois frises horizontales synchrones superposées : la bande-images avec ses cuts marqués par un trait vertical et les deux pistes-son de la stéréo. Rien n’est donc plus aisé que de déplacer ce trait vertical pour l’ajuster sur un temps fort du

Cytowic 2009, p. 24). 35. Nous donnons ici une définition différente de celle que proposent Bolter & Grusin, trop proche de la simple intermédialité. Chapitre 3 Jalons thématiques D’une manière générale, le clip se propose de � faire voir � la musique. Dans bien des cas, cette entente forcée d’une chanson avec des images accrochées sous elle se réduit au mime d’une performance, nous informant de l’apparence des musiciens et de la façon dont ils bougent en faisant semblant de jouer. On reste

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