Le film-événement : Esthétique, politique et société dans le cinéma américain

Le film-événement : Esthétique, politique et société dans le cinéma américain

Diana Gonzalez-Duclert

Language: French

Pages: 217

ISBN: 2:00366560

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Dans l’histoire du cinéma mondial, des œuvres de fiction s’affirment non seulement comme des succès commerciaux mais aussi comme des événements politiques, intellectuels et sociaux. Leur présentation au public engendre en effet, dans la sphère des médias et dans l’espace des pouvoirs, des débats nombreux, des controverses décisives, des affrontements aigus. Ces films-événement ont ainsi la particularité de sortir de la catégorie cinématographique habituelle et d’exister comme un phénomène de société nécessitant pour leur étude la mobilisation des sciences sociales. 

Ce livre se propose d’en comprendre la genèse et le rayonnement, essentiellement aux États-Unis, là où s’est constitué un riche corpus de films-événement, de Naissance d’une nation au Secret de Brokeback Mountain. Il s’agit d’abord d’analyser ces long-métrages de fiction comme des œuvres dynamiques impliquant une compréhension critique de leur réception dans un contexte historique, politique et social donné. Cette problématique conduit ensuite à s’intéresser au rôle et à la place de l’esthétique dans le processus de transformation d’un fi lm en un événement qui le dépasse. Ainsi pourrait-on s’interroger sur l’esthétique dans la société, concevoir une esthétique socio-psychologique, établir les termes de la rencontre entre esthétique, politique et société. Cette reconnaissance du film-événement américain offre en conclusion la possibilité d’aborder d’autres cinémas nationaux, comme le cinéma français contemporain. 

Diana GONZALEZ-DUCLERT est une chercheuse américaine ayant étudié aux États-Unis (université de Columbia) puis en France (EHESS). Docteure et enseignante à Sciences-Po Paris et à New York University, elle conduit actuellement des recherches sur les liens entre l’esthétique et la politique dans le cinéma du Moyen-Orient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

suscité par un film-événement. Celui-ci ajoute un élément créatif qui, non seulement introduit un thème dans le débat public, mais qui entraîne aussi un changement dans la manière dont un sujet est abordé. Pour Serge Moscovici, les thèmes qui entrent dans la discussion publique deviennent des représentations sociales. La dimension créative de cette influence se manifeste par des éléments � contradictoires et ambivalents »56 insérés dans le langage cinématographique. D’après Thalia Magioglou

donné, un langage esthétique et une société, nous choisissons d’approfondir la définition de notre concept d’esthétique socio-psychologique. Ce terme ne doit pas être défini selon une notion d’« esthétique sociale » indiquant un activisme artistique, ou dans l’idée de l’émergence d’une utilisation artistique des espaces publics61. En forgeant l’expression de la psychologie politique, nous cherchons plutôt à sortir l’esthétique du domaine limitatif de la philosophie de la beauté et du jugement de

Nation103 ». Outre l’engagement de la NAACP, les intellectuels libéraux stigmatisèrent Naissance d’une Nation . Des personnalités telles que James Weldon Johnson, écrivain et journaliste au New Age Essays, Booker T. Washington, et son secrétaire Emmett J. Scott, s’illustrèrent dans les attaques. En réponse à Naissance d’une Nation , Scott se lança dans la réalisation d’un film, Naissance d’une race, avec un casting et une équipe entièrement composés d’Afro-américains. Le résultat de cette

assombrissant leur voyage alors qu’ils s’approchent du Sud et de leur tragique destin. Leurs présentations à l’Amérique commencent avec le fermier et sa famille, suivis par la ville hippie du Nouveau-Mexique, puis par Smalltown, USA (filmée près de Las Vegas, dans le Nevada), quand ils rencontrent le troisième personnage principal, George Hansen (joué par Jack Nicholson), un avocat des droits civils, alcoolique – un personnage qui fait office de lien et de communication entre la contre-culture et

des critiques. À un niveau plus général, nous pouvons considérer la compréhension comme le premier visionnage par le public, l’interprétation comme le dialogue, qui entoure le film, entre les médias et le public, et l’application comme l’action simultanée au débat public qui suit et à l’engagement, qui deviennent indépendants du film lui-même. Dans ce sens, la compréhension, l’interprétation et l’application se muent en un processus qui prend la forme d’un triptyque dans la dynamique d’un film en

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